Suivez l’actualité de la vide-dressing week avec Mlle L., notre web-reporter.
Elle dévoile les coulisses de l’opération, rencontre ceux qui y participent et nous raconte plein d’histoires de vêtements !
2013
2012
" La vide-dressing week ce n'est pas seulement prendre les vêtements et au revoir ! "
Pendant la
vide-dressing week, ils étaient sur le pont ! Collant des affiches sur leur vitrine, motivant leurs plus fidèles clients, débarrassant leur réserve pour stocker ce dont nous voulions nous défaire. Sans eux pas de
vide-dressing week ! Alors maintenant que la pression est retombée, je me suis demandé comment les commerçants indépendants avaient vécu l'opération ?
Des problèmes de stockage ? Pas chez Daniel Bertin, dans les Vosges, qui avait déjà collecté une quinzaine de sacs quelques jours après le début de l'opération. " Les gens ont tout ramené dans des grands sacs, j'ai une grande réserve à la cave, je n'ai eu aucun souci de ce côté-là. " Même chose chez Davis et Cassandre à Nevers : " Cette fois, on a eu la chance d'avoir une grande arrière-boutique ! L'année dernière, lors de la première édition, on déposait les sacs dans le garage de ma mère qui habite juste à côté, c'était un peu moins pratique. "
Certaines boutiques ont pu toucher une autre clientèle grâce à l'événement. " J'ai une dizaine de nouvelles clientes qui sont venues au magasin spécialement pour la
vide-dressing week ! C'est positif ! En quelques jours on était à une quarantaine de sacs ! ", m'explique Sophie Lariche des boutiques Davis et Cassandre. Quant aux habitués chez Daniel Bertin, " ils ont trouvé l'initiative vraiment intéressante et ont profité de l'occasion. C'est vrai qu'on ne pense pas toujours à donner ses vieux vêtements. » « Les gens sont aussi contents de savoir où partent leurs habits. Les commerçants ont un rôle à jouer de ce côté-là. Avant la
vide-dressing week, on n'était pas trop au courant de la dimension recyclage des vêtements. On n'est pas assez informé là-dessus, on ne va pas à la pêche aux infos. Mais maintenant, on en sait plus ! ", ajoute Sophie.
La
vide-dressing week a aussi permis aux commerçants de tisser de nouveaux liens avec leurs clients. " Certains nous ont parlé de l'histoire des vêtements qu'ils donnaient, de leur attachement à certaines pièces. On les a écoutés. La
vide-dressing week ce n'est pas juste prendre les vêtements et au revoir ! "
Bref, chez ces deux-là, la
vide-dressing week s'est révélée être plus qu'une simple collecte. Mais les boutiques ont-elles montré l'exemple ? Les commerçants ont-ils eux aussi vidé leurs placards ? " C'est mon épouse qui s'est occupée de vider les armoires ! ", m'explique Daniel Bertin. Quant à Sophie de chez Davis et Cassandre, elle avait bien motivé ses troupes : " Ah oui ! J'ai rapporté plusieurs sacs et mes employées ont toutes joué le jeu ! "
La vide-dressing week, c'est déjà fini !
Aujourd'hui, j'avais envie de vous en dire plus sur ces tonnes de vêtements collectés à l'issue de la
vide-dressing week. Pascal Charcosset, coordinateur au pôle insertion du département Textile et insertion professionnelle de la Croix-Rouge française, m'a permis d'y voir plus clair. Parce que donner, c'est bien, mais comprendre pourquoi et à qui on donne, c'est encore mieux.
Comment est organisée la collecte des dons de vêtements issus de la
vide-dressing week ?
Nos délégations locales se sont déplacées dans les magasins pour réaliser la collecte. D'après les premiers retours du terrain, il semble même que certaines boutiques ont pris les devants et sont venues déposer directement leurs sacs pleins à craquer aux antennes Croix-Rouge française les plus proches de chez elles.
Par qui et comment les vêtements sont-ils triés ?
Le grand tri est réalisé par les bénévoles de la Croix-Rouge française dans les antennes locales et par les équipes des chantiers de réinsertion spécialisées. Pour vous donner une idée, chaque année, nous trions 21 000 tonnes de vêtements. Malgré les 10 000 bénévoles dévoués à notre activité textile, nous avons toujours besoin de bras musclés. Avis aux amateurs...
Que deviennent-ils après le tri ?
En moyenne, un vêtement sur deux est jugé digne d'être envoyé dans nos vestiaires ou nos vestiboutiques. Les pièces usées ou trop abîmées sont aiguillées vers le recyclage. Une fois transformées en tissu d'essuyage ou en textile isolant, ces derniers sont revendus à l'industrie, aux entreprises de construction ou au secteur aéronautique.
Finalement, que représente la
vide-dressing week pour la Croix-Rouge française ?
La solidarité, la responsabilité et la notion développement durable de l'opération correspondent parfaitement à nos objectifs et à nos valeurs Si cette prise de conscience se globalise, c'est un nouveau modèle économique et sociétal qui verra le jour. Cette opération permet de véhiculer ce message. D'ailleurs, un commerçant nous a contactés récemment pour nous informer qu'il continuera à collecter des vêtements pour la Croix-Rouge française au-delà de la
vide-dressing week.
Conclusion : rien ne sert de jeter, il faut donner à point !
Mademoiselle L.
Denim, moleskine, organza...doù viennent ces drôles de mots ?
Un petit pull en cachemire, un jean Denim et un chapeau en feutre, me voilà prête à sortir. Mais au fait, d'où viennent les noms de nos tissus préférés ? Ma curiosité m'a poussée à me plonger dans le livre de Claude Fauque, Les mots du textile. Si beaucoup de tissus doivent leur nom à celui des villes où ils étaient fabriqués, d'autres ont des étymologies plutôt amusantes. Par exemple, l'organdi et l'organza, arrivés en France au XVIIIe siècle, tirent leur nom de la ville d'Ourguentch (en actuel Ouzbékistan) où se traitaient les affaires commerciales entre les Chinois et les Arabes. Si je vous dis Ankara ? Vous pensez à ...? Angora bien sûr ! La race de chèvre qui produit cette laine provient de la ville de Turquie, le mot a dévié jusqu'à angora.
Quant aux célèbres pantalons de cow-boy en toile Denim, ils viennent, comme leur nom lindique, de la ville de Nîmes. Mais, il faut savoir que Nîmes avait mis en place des comptoirs à Gênes, et exportait aussi sa toile bleue à partir de cette ville, doù le mot " jean ". Et nos pulls en cachemire ? Leur nom provient tout simplement de la province indienne du même nom, à côté du Tibet, où vivent les chèvres qui en produisent la laine.
Pour rester dans les pulls, sachez que la laine mohair tient son nom du mot anglais « hair » signifiant poils et du terme espagnol « mocajardo » dérivé du mot arabe « muhayyar » désignant une étoffe de poils de chèvre.
Le livre m'a aussi montré que parfois, il vaut mieux éviter les traductions littérales. Nous nous sommes tous assis sur une banquette rouge, en moleskine dans un café. Mais savions-nous que moleskine en anglais signifie « peau de taupe » ? Rassurez-vous, aucun animal n'a souffert pour produire cette toile de coton recouverte dun enduit mat née au XIXe siècle. Le terme viendrait probablement du fait que la moleskine a remplacé la fourrure de taupe ou dautres animaux à poils ras pour la confection des chaussures.
Reste le mystérieux pilou et sa réputation de « tue l'amour ». Si Claude Fauque en fait le « doudou des tissus », personne ne sest encore risqué à déterminer létymologie du terme. Même si certains avancent qu'il pourrait provenir du mot " pilosius " signifiant " couvert de poils, velu " en latin...
Mademoiselle L.
Les mots du textile de Claude Fauque aux éditions Belin, 7,50 euros.
Immersion à la Croix-Rouge française, épisode 2 : la claque !
En parallèle de l'aide vestimentaire offerte par les vestiboutiques et les vestiaires, la Croix-Rouge française mène un combat sans relâche pour venir en aide aux personnes les plus vulnérables. La délégation locale de Lille, dirigée par son président Marc Ensabella, en est une admirable illustration. Je vous invite à replonger dans le grand bain de la solidarité sociale de proximité et à découvrir l'univers de près de 200 bénévoles qui se battent chaque jour pour rendre la vie des laissés-pour-compte plus supportable.
Marc Ensabella m'accueille dans son bureau sans chichis (ce n'est pas le genre de la maison) et me présente sans préambule les multiples actions sociales, économiques et culturelles menées par la Croix-Rouge de Lille. La liste est longue et me donne le vertige. Mon stylo s'affole : banque alimentaire, aide vestimentaire, soutien scolaire pour les enfants, service à la jeunesse, cours de français pour étrangers, secourisme, service de domiciliation postale, suivi sanitaire, suivi et soutien des personnes incarcérées, droit humanitaire international, suivi administratif, microcrédit...
Il m'apprend qu'à Lille par exemple, 250 familles sont inscrites à la banque alimentaire, que 15 enfants bénéficient du soutien scolaire, que 28 adultes sont inscrits au cours de français langue étrangère et que la délégation de Lille agit sur un secteur de 74 communes. "La crise qui touche notre pays a un réel impact : nos activités sont malheureusement florissantes. Aujourd'hui, nous apportons notre aide à de nouvelles catégories de population. Les retraités qui ne s'en sortent plus avec leur petite pension, les chômeurs qui avaient pourtant autrefois de belles situations, les familles monoparentales et même les étudiants qui ont du mal à joindre les deux bouts." La précarité se globalise...heureusement, la solidarité a encore de beaux jours devant elle. L'énergie et l'enthousiasme des bénévoles que j'ai croisés en est la preuve. "Ici, nous sommes comme une grande famille", me confie-t-il. "Entre les bénévoles et nos bénéficiaires l'ambiance est conviviale et j'y tiens beaucoup." La philosophie de la maison, c'est : "travailler dans la joie et la bonne humeur." Quand je suis sortie de la Croix-Rouge ce jour-là, je n'étais plus tout à fait la même.
PS: A celles et ceux qui ont du temps, des bras ou des idées à offrir. A celles et ceux qui s'ennuient ou qui ont tout simplement envie d'être utiles, près de chez eux, la Croix-Rouge française recrute des bénévoles toute lannée. http://www.croix-rouge.fr
Mademoiselle L.
La vide-dressing week vue par le 10 La Boutique
Mon petit doigt m'a dit que la
vide-dressing week bat son plein aux quatre coins de France... Mais je ne résiste pas à la tentation d'aller enquêter moi-même dans les coulisses pour prendre la température. Cette semaine, Marie-Laure Daviet, créatrice et responsable de 10 La Boutique revient sur son expérience de la
vide-dressing week 2012. Elle nous donne les raisons qui l'ont motivée à renouveler l'opération en 2013. Portrait.
Côté mode, Marie-Laure Daviet est « tombée dans la marmite » quand elle était petite. « J'ai baigné dans le monde de la couture depuis ma plus tendre enfance, j'ai toujours rêvé devant les beaux tissus, les robes, les chapeaux et les présentations des nouvelles collections dans les magazines. » Jeune adulte, après une formation au métier d'acheteuse dans une Ecole Supérieure de Commerce, elle a fait ses premières armes dans une grande maison de Haute couture à Paris, puis un détour par l'industrie de conception du tissu. Cest donc naturellement que l'idée lui est venue de créer, à son tour, sa propre boutique de prêt-à-porter. « mon rêve de petite fille est devenu réalité. » 10 La Boutique, son bébé, a tout juste 3 ans. Aujourd'hui, 4 personnes y travaillent. « Je vends du prêt-à-porter multimarques homme (Tommy Hilfiger, Vestaires, Ruckfield, Kaporal) et femme (IKKS, La Fée Maraboutée, DDP, Sud Express, Molly Bracken, Salsa...). Notre coeur de cible est la tranche 25-50 ans. Toutefois nous venons de référencer la marque Eleven Paris qui marche très fort et nous permet de capter la cible des ados. »
Pourquoi participez-vous à nouveau à la vide-dressing week ?
- J'ai renouvelé ma participation sans hésiter car nous avions collecté plus de 100 kilos l'année dernière. Les clientes étaient ravies car ça tombe pile à la période où elles font du tri dans leur garde-robe.
Qu'avez-vous apprécié dans l'édition 2012 de la vide-dressing week ?
- J'ai trouvé que la communication était bien construite. En plus, l'opération était relayée dans les médias.
Est-ce que cette expérience a modifié la relation avec vos clients ?
- Non pas forcément mais c'est toujours positif de montrer que l'on participe à ce type d'évènement développement durable !
S'il y a une édition 2014, participerez-vous ?
- Oui !
Propos recueillis par Mademoiselle L.
Immersion à la Croix-Rouge française, épisode 1 : la Vestiboutique
Jeudi 21 mars 2013. Premier jour du printemps. Par cet après-midi timidement ensoleillé, je me dirige vers l'Unité locale de Lille de la Croix-Rouge française. Mon objectif ? Découvrir le fonctionnement d'une vestiboutique. Pourquoi Lille ? Parce que je suis lilloise et qu'il m'a semblé plus écolo et raisonnable d'opter pour la proximité plutôt que d'entreprendre un aller/retour Lille-Marseille dans la journée !
13h50. Devant la Croix-Rouge française, c'est l'heure de pointe. Une vingtaine de personnes, majoritairement des femmes accompagnées d'enfants en bas-âge patientent. Michel Tellier, un grand monsieur souriant et dynamique de 80 ans me réserve un accueil chaleureux. Il me propose une visite guidée. Bénévole à la Croix-Rouge française de Lille depuis 9 ans, il m'apprend qu'il est l'initiateur de la première vestiboutique de France. Le concept qui a fait ses preuves, est aujourd'hui adopté au niveau national puisque la Croix-Rouge en compte désormais 278.
Nous entrons dans la vestiboutique. C'est une pièce de 20m2 équipée de nombreuses étagères, de portants et de bacs tous pleins à craquer de vêtements neufs. Scrupuleusement triés, puis soigneusement ré-étiquetés, les vêtements sont tous pliés et rangés par tailles et par type de produits. La différence avec une boutique classique ? Des prix imbattables ! Pulls à 2,50, chemisiers à 1,80, robes à 2, chaussures à 3, vêtements pour bébés à 1. "La contribution des bénéficiaires est symbolique mais nécessaire. C'est le prix de la dignité. Ici, nos bénéficiaires ont le choix, ils peuvent essayer, comme dans n'importe quelle boutique et s'offrir les vêtements qui leur plaisent". Pour assurer la tranquillité et respecter l'intimité des clients, l'accès à la vestiboutique est limité à deux personnes à la fois. De cette manière, chacun peut y faire son shopping sans bousculade et sans pression.
Je poursuis ma visite. Direction la salle de tri. Entre les palettes, les montagnes de sacs et piles de cartons, il y a trois femmes qui inspectent les vêtements un par un. Les trois trieuses, bénévoles également, me confirment qu'elles ont déjà reçu les premiers sacs provenant de la
vide-dressing week. Mais pas seulement ! Les dons de vêtements neufs ou d'occasion proviennent des particuliers mais aussi de sociétés de prêt-à-porter de la région qui "liquident" leurs fins de série ou les retours clients de la vente par correspondance. "On inspecte tout dans les moindres détails. Si les vêtements sont trop abimés, nous ne les sélectionnons pas pour la vestiboutique. Dans ce cas, ils partent pour le recyclage. Il m'arrive de découvrir des lots tellement sales que je suis obligée de les jeter. La Croix-Rouge, ce n'est pas une poubelle !" Une autre bénévole, la cinquantaine au caractère bien trempé qui répond au doux surnom de "Maman" me confie :" Il faut du courage à toute épreuve et un moral d'acier pour travailler ici !" Comme tous les bénévoles que j'ai croisés ce jour-là, depuis plusieurs années, "Maman" donne bien plus que son temps libre à la Croix-Rouge française. En les quittant ce jour-là, j'ai plus que tout envie de leur rendre hommage et de leur tirer mon chapeau.
Mademoiselle L.
Pourquoi la Croix-Rouge française ?
Pour cette nouvelle édition de la
vide-dressing week, c'est à la Croix-Rouge française que seront adressés tous les vêtements que nous déposerons dans les boutiques de mode participantes. Pourquoi avoir choisi la Croix-Rouge française comme bénéficiaire de l'opération ? Parce que, dans ses missions, la Croix-Rouge française privilégie la solidarité de proximité. Un argument qui parle aux boutiques de mode...de proximité.
Bernard Morvan, président de la FNH, s'en fait l'écho : " Les structures locales de la Croix-Rouge française sont extrêmement réactives et très impliquées. Et le concept des vestiboutiques nous plaît beaucoup : payer ses vêtements, même à un prix symbolique, permet de conserver toute sa dignité. "
Commerçant depuis 35 ans, Bernard Morvan constate tous les jours sur le terrain la baisse du pouvoir d'achat. Il me confie que certains de nos concitoyens n'ont plus les moyens d'entrer dans les boutiques dites classiques. "Avec la crise qui touche notre pays, j'ai constaté que la clientèle qui fréquentait autrefois les boutiques en période de promotions et de soldes ne revient plus. C'est triste à dire, mais les clients qui disposaient encore il y a quelques années d'un petit budget à dépenser pour s'habiller n'en ont plus les moyens aujourd'hui." La Croix-Rouge française, avec son action et son engagement solidaire dans les régions pourra grâce à vos dons de vêtements, les redistribuer en circuit court dans leur réseau de vestiboutiques. Participer à la
vide-dressing week, c'est donc offrir une seconde chance à nos vêtements de faire plaisir.
Voilà une bonne raison de sortir du placard les vêtements que nous avons le luxe de bouder ! S'ils s'ennuient dans votre dressing, donnez-leur une seconde vie : la Croix-Rouge française en fera bon usage...
Mademoiselle L.
Dis-moi comment tu t'habilles, je te dirai qui tu es... Pas si sûr !
A force de parler de la
vide-dressing week, j'ai convaincu mes amis d'y participer. Bien sûr, tous ont bien vidé leurs armoires et y ont trouvé des trésors de leur vie passée, des vêtements choisis en fonction du look qu'ils essayaient (avec plus ou moins de succès) de se donner. C'était le temps où nous nous donnions une allure et que nous chargions les autres de la décoder. Un serre-tête en velours, une jupe plissée bleu marine en dessous du genou : c'était une mère de famille un peu coincée ! Une mini-robe moulante à paillettes : une bimbo légère. Un jean slim, une veste en cuir étriquée et une cravate fine : un baby-rockeur. Un jeune homme avec un T-shirt Star Wars : un nerd qui ne sort pas de chez lui !
Aujourd'hui, en y regardant de plus près, on s'aperçoit que nous avons tous dans notre dressing au moins une de ces pièces, voire plusieurs. Et oui ! Selon les circonstances, notre look change et notre dressing est comme nous, plein de facettes !
Nous sommes des caméléons, nous transformant au gré de notre humeur. Notre look, on l'a fabriqué en dénichant des vêtements par-ci par-là dans les petites boutiques dans lesquelles on se reconnaît. Alors un jour en mère de famille modèle, un autre en bimbo et la fin de la semaine en bobo, c'est ça la mode !
Mademoiselle L.
Adeline Lingerie se déshabille pour la vide-dressing week !
Bon, ce titre est un brin racoleur, j'avoue... Mais ma malice n'a pour objectif que d'attirer votre attention sur les personnes qui font la
vide-dressing week. Celles qui nous ouvriront les portes de leurs boutiques pour la bonne cause. Qui sont-elles ? Que vendent-elles ? Pour quelles raisons participent-elles à cette opération qui dépoussière nos placards et nos mauvaises habitudes ? Cette semaine, j'ai envie de vous parler d'Isabelle Luca, qui ne se déshabillera pas, au risque de vous décevoir, mais qui a eu la gentillesse de se dévoiler un petit peu quand même !
Isabelle Luca a 52 ans et travaille dans le monde de la lingerie depuis 8 ans après avoir été assistante de direction pendant 25 ans dans différents domaines. Aujourd'hui responsable de la boutique Adeline Lingerie à la Madeleine, près de Lille, elle participe pour la première fois à la
vide-dressing week. Portrait.
Parlez-nous de votre boutique Adeline Lingerie :
J'ai repris la boutique Adeline Lingerie depuis 2 ans et demi maintenant, mais elle existe depuis plus de 30 ans. La clientèle y est fidèle et je travaille aussi à agrandir celle-ci en apportant des marques complémentaires et un peu plus pointues. Nous travaillons les bonnets de A à G principalement et montons dans les dos jusqu'au 120. Le balnéaire est très présent dans la boutique, je le fais livrer très tôt en saison (novembre/décembre). Nous proposons également de la lingerie de nuit, des pulls en laine et soie l'hiver et du chaussant, des parapluies Chantal Thomass et quelques accessoires mode.
Pourquoi participez-vous à la
vide-dressing week ?
Ma motivation principale, c'est bien sûr cette bonne action que peuvent faire les gens qui désirent se séparer de leurs vêtements encore portables. Dans ce climat de morosité ambiante, la solidarité me donne du baume au coeur. Et puis l'idée qu'un vêtement dont on s'est lassé puisse se "refaire une vie", c'est génial ! Et par la même occasion, si l'opération peut attirer des personnes qui ne connaissent pas encore la boutique, ce sera l'occasion de discuter avec elles et de leur faire découvrir l'univers de la lingerie et du maillot de bain.
Avez-vous commencé à parler de la
vide-dressing week à vos clientes ?
Étant très occupée actuellement, je n'en ai pas encore parlé directement à mes clientes mais j'ai communiqué sur l'opération sur la page facebook de
Adeline Lingerie et sur la mienne. Le relais se fera aussi de cette manière car je publie et partage régulièrement des informations sur ce réseau social. J'enverrai également des SMS pour indiquer à ma clientèle qu'elle a possibilité de déposer ses vêtements et vêtements de nuit chez Adeline Lingerie durant 10 jours.
Propos recueillis par Mademoiselle L.
A la rencontre d'Alice et de son petit labo de textile écolo
Vous l'avez sûrement remarqué, j'ai deux grandes passions : la mode et le développement durable. Alors oui, en tant que consommatrice avisée, je trie et je donne mes vieux vêtements. Mais en amont, les créateurs intègrent-ils cette dimension environnementale dans leurs créations ? Parce qu'y mettre du mien c'est bien, mais à condition que le développement durable dans la mode vienne aussi de ceux qui la créent !
Et là, Alice Damiens, étudiante en 3e et dernière année de l'Institut Supérieur des Arts Appliqués, classe mode, stylisme et textile, a éclairé mon esprit. Si dans son école, il n'y a pas de cours dédié au développement durable et au recyclage des textiles, Alice souligne que les étudiants sont "poussés à recycler, récupérer des tissus, fouiller dans les friperies". L'école de mode est là surtout pour "développer la créativité", mais intégrer une réflexion environnementale à son travail "est toujours un plus devant les profs et surtout lors de présentations auprès des professionnels. On sent qu'ils y sont sensibles".
Inscrite à un concours de créations bio, Alice s'est lancée dans des recherches textiles pour rendre son travail plus écolo. "J'ai essayé de trouver des petites techniques qui permettent d'éviter d'utiliser des produits ou des techniques polluantes. C'est vraiment une dimension qui m'intéresse." La jeune créatrice a ainsi choisi d'utiliser le bleu de guède pour teindre ses tissus. "C'est une teinture ancestrale, elle a été utilisée jusqu'au 18e siècle. La plante est aujourd'hui recultivée. Ça donne une couleur bleu ciel."
Alice utilise beaucoup le pliage dans ses créations mais "la technique nécessite un moule, de la vapeur, des tissus synthétiques." Elle a donc voulu éviter toutes ses opérations et grâce à la gomme arabique, elle a réussi à donner un aspect élastique et souple au tissu. "J'ai aussi utilisé du latex avec des pigments naturels pour faire des motifs en relief".
Malgré tout, la jeune fille regrette que la recherche dans les nouveaux textiles ne soit pas plus aboutie. "C'est vrai que parfois, les collections, en coton bio par exemple, sont simples, les couleurs un peu ternes. En fait, faire une collection bio coûte plus cher pour un résultat moins joli. Je sais que je ne pourrais pas tout faire en pensant à l'environnement. On n'a pas encore développé assez de techniques pour tout créer écolo, je pense qu'il y a à faire dans ce domaine, mais ça prend tellement de temps ! »
Mademoiselle L.
De la peau de bête au T-shirt à message
Je me demande si nos ancêtres préhistoriques se souciaient, elles aussi, de leur look. Imaginez un peu les conversations : "
Canon ta peau de mammouth ! ça suit super bien avec ton bracelet en dents de tigre" "
Merci ! J'aime beaucoup ton collier en os de bison"... Pas certaine que ce se soit passé ainsi. Mais alors, quel rôle a joué le vêtement au cours du temps ? Aujourd'hui, grâce à l'ouvrage
Histoire du costume de François-Marie Grau, j'entame un véritable voyage dans le temps !
La fonction première des vêtements originaux étaient, sans aucun doute, de protéger du froid, des rayons du soleil, de la pluie, bref du climat. C'est plus tard que les notions de pudeur puis de parure sont apparues. Le vêtement a pris alors une signification sociale. Shabiller de telle manière envoie un message aux autres, permet de se distinguer.
Il a cloisonné les classes sociales : l'empereur en toge et le gladiateur en jupette, les cols bleus et les cols blancs, les civils et les militaires. Ainsi - comme le rapporte François-Marie Grau - à la cour de Louis XIV, seules certaines personnes étaient autorisées à porter le même justaucorps bleu que celui du roi. Un privilège qu'il fallait sempresser de montrer. Le fameux justaucorps bleu est ainsi devenu symbole d'autorité.
Heureusement, le vêtement a également été synonyme de libération, de contestation, d'expression. Les sans-culottes pendant la Révolution française portaient des pantalons à rayures et non des bas, emblèmes de l'Ancien régime. Plus tard, les femmes ont dû se battre pour porter des pantalons, dailleurs elles y sont autorisées depuis moins longtemps quon ne le croit (
à lire ici)! Les soutiens-gorges ont brûlé dans les années 70. Et n'oublions pas tous les T-shirt à messages qu'on a pu porter quand nous étions des ados en pleine crise...
Aujourd'hui, pour François-Marie Grau, les significations des vêtements sont moins évidentes : "
le costume a perdu sa valeur sociale (...) il signifie de moins en moins une classe ou un statut social". Si certains métiers ne sont pas débarrassés de leurs costumes, comme les facteurs, les avocats, les infirmières, les pompiers, les cosmonautes ou les apiculteurs, il est difficile d'identifier une profession... A plus forte raison le week-end ! Et ceci grâce à la diversité des styles que chacun s'approprie bien plus facilement qu'avant ! Une nouvelle révolution en quelque sorte...
Mademoiselle L.
Préserver les vêtements, c'est un art !
Certains sont plus doués que d'autres pour préserver l'état de leurs vêtements. Par exemple, ma meilleure amie, est infiniment pus soigneuse que moi. Elle collectionne jalousement de véritables reliques de la mode dans un état impeccable. Du perfecto rock 80's miraculeusement intact aux chaussures 70's héritées de sa mère qu'elle envoie chaque année en révision chez le cordonnier, son dressing est un véritable musée vivant de la mode. D'où son look délicieusement vintage.
Savoir prendre soin des vêtements, est-ce un don inné ? Un gène que l'on porte en soi tout simplement ? Peut-être oui, mais j'ai découvert que c'était aussi le métier d'une poignée de couturières de l'atelier de restauration et de conservation préventive du
musée Galliera. Le musée Galliera, c'est le musée de la Mode de la Ville de Paris, autrement dit, un temple historique de la fringue riche de près de 100 000 pièces de vêtements et accessoires. Sans la compétence et le talent de
cette équipe de couturières hors du commun et leur travail de fourmi, ces joyaux de la mode, qui témoignent des codes vestimentaires du XVIIIème siècle à nos jours, ne seraient plus que poussière. Et vous ? Quel rapport entretenez-vous avec vos vêtements ? En prenez-vous soin ou les malmenez-vous comme moi ? Rendez-vous sur
notre page Facebook pour en discuter !
Mademoiselle L.
"Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme"
Le travail du styliste Marc le Bihan redessine les schémas de la Haute-Couture et retaille la notion de récup'. Il a donc naturellement éveillé ma curiosité ! Coup d'oeil en coulisses. Dans son petit atelier, on embobine le temps. Dentelles vintages chinées aux puces viennent se draper sur un bustier à la coupe très contemporaine, un pantalon de l'armée suédoise se transforme en une petite veste cintrée, des pantalons smoking années 20 réinvestissent les garde-robes, sens dessus dessous, sous l'apparence d'une redingote
Mieux : le designer détourne ses propres pièces. Dans chaque collection, il n'est pas rare de retrouver certaines pièces des dernières saisons, répétées ou transformées. " Ce qui m'intéresse, c'est en fait la composition graduelle d'une garde-robe. Il s'agit plus d'un process, d'une réflexion sur l'évolution du vêtement que de la création d'une collection ", explique-t-il.
Mathilde, styliste à ses côtés, m'a confié :
" Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme"... L'expression trouve tout son sens au sein des collections de Marc ; garde-robe intemporelle dans laquelle se mêle un florilège d'époques, de textures et de matières. Tout est jeu de question-réponse entre ancien, nouveau et contemporain, tant en termes de matières que de coupes (inspirées elles aussi, pour certaines, de pièces anciennes chinées). Par exemple, un lainage neuf (puisque nous ne pouvons assurer une production de collections qui ne soient constituées que d'étoffes chinées) sera bouilli pour retrouver le charme de l'ancien, une robe légère en voile de coton, lavée, pour s'orner de plis.... comme autant de marques du temps qui font vivre le vêtement et lui octroient cet aura d'intemporalité. "
Marc le Bihan précise son dessein :
" Ce qui me plaît dans le fait d'utiliser des anciennes pièces c'est que les vêtements seront attachés à la mémoire, aux émotions et, dans le même temps, à des références propres à chacun. En regardant une pièce, il est assez facile d'imaginer la personne qui la portera. On peut vite imaginer une histoire. J'aime m'emparer de cette histoire, y ajouter la mienne et permettre aux personnes qui vont se l'approprier de créer les leurs. "
Promis je vous glisse très vite quelques photos de l'atelier. En attendant perdez-vous dans les
garde-robes du créateur. De fil en aiguille le temps défile...
Mademoiselle L.
La vide-dressing week, c'est parti ! Découvrez ce que vous pouvez gagner !
Ça y est ! La
vide-dressing week commence aujourd'hui ! Et ça va durer jusqu'au 30 mars ! Vous vous en doutez, je suis tout excitée par ce premier jour ! J'ai hâte de voir si comme moi, vous avez vidé votre placard pour faire preuve de générosité. Pour celles et ceux qui auraient manqué un épisode, le principe de la
vide-dressing week est ultra simple : vous avez jusquau 30 mars pour déposer les vêtements en bon état que vous ne mettez plus dans la boutique de mode indépendante
la plus proche de chez vous . Ces vêtements seront ensuite collectés par la Croix-Rouge française qui les revendra à tout petit prix dans ses vestiaires et vestiboutiques.
La
vide-dressing week a trois intérêts : faire de la place dans les armoires de la maison (la vôtre, celles des enfants, celle de chéri), venir en aide aux plus démunis (gardez à l'esprit que vos vêtements seront portés par les bénéficiaires de la Croix-Rouge, il faut donc qu'ils soient en bon état) et faire un geste pour la planète (nous jetons 11 kg de textile chaque année, le réemploi reste un moyen de diminuer le poids de nos déchets).
Comme pour la première édition, un grand tirage au sort sera effectué parmi les bulletins déposés dans les urnes des boutiques. Cette année, huit gagnants recevront un lot comprenant : un vélo pliant (l'accessoire indispensable des cuisses galbées), un livre Les premiers secours pour les nuls (si jamais vous tombez de votre vélo pliant), un coffret Naturabox pour un séjour à la découverte de l'éco tourisme de luxe en France et une tablette Samsung Galaxy Note.
Si vous n'avez pas encore commencé à trier votre dressing, pas de panique, l'opération s'étale sur 10 jours, vous trouverez bien un petit créneau pour une belle action !
Mademoiselle L.
J -1 : Plus d'excuses pour ne pas se mobiliser !
C'est la veille du début de la
vide-dressing week et devant mon placard, les sacs de vêtements commencent à s'entasser. Je suis assez fière de moi, j'ai réussi à me séparer de nombre d'articles encore en bon état, qui pourront servir à d'autres. Bref, j'ai hâte d'être à mercredi ! Et vous ? Vous en êtes où avec vos armoires ? Je vous rappelle que l'opération a lieu du 20 au 30 mars et dans toute la France. Le temps n'est plus à l'hésitation. Je comprends, vous êtes très attachée à certains de vos vêtements : que vont-ils devenir loin de votre confortable dressing ? Tranquillisez-vous ! Les vêtements collectés pendant la
vide-dressing week sont destinés aux 817 vestiaires et vestiboutiques de la Croix-Rouge française. Vos affaires vont profiter d'une nouvelle vie auprès de ceux qui en ont besoin.
Le sentiment d'abandon, c'est réglé. Maintenant, vous allez me dire " ah oui, mais j'habite dans un coin perdu de France
". L'argument ne tient pas ! Il y a des boutiques participantes dans toute la France !
Pour celles qui ont l'accent chantant, la boutique la plus au sud est Carlane, à Perpignan. Celles qui ne craignent pas le froid, cap au nord, dans la boutique Henry Martin à Calais. Pour celles qui sont à l'ouest (sans mauvais jeux de mots), c'est à Saint Sauveur à Brest que la
vide-dressing week se passe. Enfin, pour les filles de l'est direction Vêt'vogue, Esprit Men et S. Olivier à Haguenau. J'en profite pour accorder une mention spéciale au département du Bas-Rhin, dont les boutiques indépendantes se sont fortement mobilisées pour cette nouvelle édition de la
vide-dressing week.
Mademoiselle L.
La Croix-Rouge française et la vide-dressing week
On vide, on trie... mais, au fait, à quelle organisation iront les vêtements collectés lors de cette édition 2013 de la
vide-dressing week ? A la Croix-Rouge française ! Et qu'est-ce que la Croix-Rouge française en fera ? Pascal Charcosset, responsable de l'activité textile à la Croix-Rouge française me l'explique : « les vêtements collectés seront d'abord triés, puis en fonction de leur état, redistribués dans notre réseau de vestiaires et de vestiboutiques partout en France. »
Mais comment ça marche, ces vestiaires et ces vestiboutiques ? « Les vestiaires fonctionnent un peu comme des antennes d'accueil d'urgence
les personnes en situation de précarité ont la possibilité de venir y chercher des vêtements qui sont distribués gratuitement. » Autrement dit, un vestiaire est un lieu d'accueil et d'écoute qui répond à un « SOS vestimentaire ».
En revanche, « les vestiboutiques ont plutôt un objectif de mixité sociale ». Les personnes peuvent y essayer des vêtements, comme n'importe quel client dans n'importe quelle autre boutique. Ils peuvent y acheter ce qui leur plaît, moyennant une participation financière symbolique. Ces « boutiques comme les autres » sont une alternative pertinente aux distributions gratuites de vêtements, permettant aux personnes de se réinscrire dans un parcours de consommation traditionnel.
Alors, videz vos dressings : la Croix-Rouge française en fera bon usage !
NB : On compte aujourd'hui près de 278 vestiboutiques et 539 vestiaires Croix-Rouge française en France.
J-15 ! Trouvez la boutique la plus proche de chez vous !
Ça y est ! Toutes les bonnes adresses sont en ligne ! Je sais où je vais pouvoir déposer mes vêtements pour la
vide-dressing week ! Ma boutique préférée est
là et
la vôtre ?
Alors maintenant qu'on a trouvé où, reste à savoir quoi déposer. Pas de panique, il nous reste 15 jours pour faire le tri dans nos armoires. Première règle, ne pas oublier que la
vide-dressing week est une opération de solidarité qui durera du 20 au 30 mars 2013 ! Cette année, ce sera la Croix-Rouge française qui récupérera tous les vêtements déposés dans les boutiques indépendantes pour les revendre à tout petit prix à ceux qui en ont le plus besoin. Il faut donc donner des vêtements propres et en bon état. Tout ce que vous ne mettez plus fera des heureux ! Les vêtements trop petits, trop grands, qui ne vous plaisent plus, les achats compulsifs mis une seule fois pour une soirée. Tout ce qui dort depuis trop longtemps au fond de votre dressing : on donne ! Pas la peine de garder des vêtements « au cas où ».
Evidemment, il n'y a pas que vous qui avez le droit de vous débarrasser de vos vêtements. N'oubliez pas de jeter un oeil dans le placard de votre chéri et profitez-en pour y enlever les vêtements qu'il portait avant de vous connaître (quand il n'avait pas de look) ! Et on pense aussi aux vêtements des enfants. Ils grandissent si vite, qu'ils doivent avoir plein de jolies choses trop petites au fond de leur armoire. Bref : lancez une grande opération tri des placards en famille ! La
vide-dressing week, c'est très simple : des vêtements en bon état à déposer à côté de chez vous du 20 au 30 mars.
Mademoiselle L.
De la Fashion Week au 11 bis
Qui dit mode, dit tendances. Qui dit tendances dit créateurs, collections, défilés... Autrement dit : la Fashion Week de Paris est LE rendez-vous incontournable pour les fashionistas de France et de Navarre, les VIP, les élégants, les influents, les excentriques, les avant-gardistes, les journalistes... On s'y rend over-looké pour reluquer, pour s'inspirer, pour repérer, pour voir et parfois seulement pour se faire voir. Bref, c'est le Saint Graal de la mode parisienne, c'est chic, c'est glamour, c'est fantastique ! Enfin, c'est limage que jen ai, parce qu'une fois de plus, Karl Lagerfeld a oublié de m'envoyer une invitation à son défilé.
En parallèle de la trépidante Fashion-Week se déroulent des événements, accessibles sans invitation ni pass-VIP pour les professionnels de la mode et les simples visiteurs. Le
Salon Who's Next, qui a lieu deux fois par an, a ouvert ses portes pour sa « session Hiver » fin janvier 2013, Porte de Versailles. J'ai eu envie d'interroger une responsable de boutique qui participe à la
vide-dressing week pour savoir ce qu'elle en attendait. Simple curiosité (vous me connaissez) mais surtout pour découvrir la dimension « achat » du métier de détaillant de prêt-à-porter. Je ne suis sans doute pas assez Couture. Revenons sur terre et parlons prêt-à-porter.
Nathalie Clément, responsable de la boutique « 11 bis » à Valence, ne rate jamais un Salon Who's Next. Deux fois par an, elle monte à Paris pour découvrir les nouvelles tendances et passer des commandes pour renouveler les collections de sa boutique. Elle en profite pour y faire son « marché » parmi les créateurs et les nouvelles collections. Ce qui guide ses achats ? Son goût personnel et les goûts de sa clientèle (c'est tout le charme et l'avantage d'une boutique indépendante!). Particulièrement attentive aux articles qu'elle sélectionne pour le 11 bis, ses critères d'achats sont plutôt rationnels : « un bon rapport qualité-prix, la créativité, les conditions de fabrication et le service après-vente ». Passionnée de mode, Nathalie Clément suit aussi de très près les tendances dans la presse spécialisée et sur internet. Loin des fastes et des paillettes (et des clichés.. j'avoue, j'avoue !), la mode c'est aussi ça : de la curiosité, du flair et beaucoup de bon sens... tout simplement.
Mademoiselle L.
Que font les Français des vêtements qu'ils ne portent plus ?
J'ai lu très récemment une enquête réalisée en 2010 par Eco-TLC, l'éco-organisme des vêtements, chaussures et linge de maison usagés. L'enquête visait à faire dire aux Français pourquoi et comment ils se débarrassent de leurs vêtements et chaussures. Les résultats montrent qu'en fait, c'est surtout pour faire de la place dans leurs placards que les gens se séparent de ce qu'ils ne portent plus. Sinon, ils pourraient tous les garder, leurs vêtements préférés, même les plus usés ou les vraiment démodés !
Quand même, 50 % des Français font le tri dans leur placard au moins une fois par an. Ils se séparent prioritairement de ce qui est usé, plus à leur taille ou démodé... Et qu'en font-ils ? Ils les donnent à leur entourage (59 %), les confient à des associations caritatives ou à des opérateurs de collecte textile (11 %), les vendent (7 %), les recyclent eux-mêmes (1 %)... Mais on en trouve encore 20 % qui les jettent à la poubelle... Vraiment, quel manque d'imagination !
Mademoiselle L.
Confidences de fonds de tiroirs d'une fashionista qui assume son passé kitsch
Moi qui pensais en avoir fini avec l'inspection de ma garde-robe et de mes étagères et être fin prête pour la
vide-dressing week 2013 ! Je suis pourtant tombée de haut l'autre jour en ouvrant les tiroirs de ma petite commode. Elle avait miraculeusement échappé à l'inventaire depuis plusieurs printemps et vous ne devinerez jamais ce que j'y ai découvert... Je vous préviens : ma réputation de fashionista va en prendre un sacré coup ! Mais au diable mon orgueil, ça me fait du bien de vous en parler.
Le tiroir n°1 contient ma lingerie et mes « itsi bitsi tini ouini, tout petit, petit, bikinis ». Jusqu'ici, rien à signaler si ce n'est qu'il était temps de faire la peau aux ensembles démodés, aux modèles délavés et aux petites culottes trouées (si, si). Ajoutez à ce piteux bilan les variations de tailles de bonnets auxquelles toute femme doit se résoudre... bref. Il y avait de quoi faire un peu (beaucoup) de place. Mais attention ! La
vide-dressing week ne concerne pas les sous-vêtements car son partenaire, la Croix-Rouge française, ne peut leur donner une deuxième vie.
Donc, pour une fois, c'est sans état d'âme que j'ai envoyé à la benne mes petits dessous qui, du temps de leur superbe, en avaient mis plus d'un sens dessus dessous... Mais je m'égare. Passons à l'inventaire de tiroir n°2. Je vais vous confesser maintenant une partie de mon passé qui... me dépasse ! Alors, en vrac : une chemise de nuit avec une tête de chaton super connu dessus, un lot de nuisettes dont je naime plus la couleur, un pyjama de mon ex (bravo), une barboteuse adulte et des leggings (il y a eu des hivers très rudes !), un peignoir rose dragée et au moins 5 t-shirts taille XXL « pour dormir »... Ceux-là, c'est vraiment sans état d'âme que je vais les céder ! La
vide-dressing week sert aussi parfois à se sentir plus légère... et à faire place nette à de nouvelles envies.
Mademoiselle L.
Mode éthique : suivez le guide
Cet aprem', je suis tombée sur le site d'un gang d'éco-designers québécois,
MAYDAY. Cest quoi ça ? « 100% éthiques, 100% québécois», ce sont des designers qui changent le monde à coups de ciseaux... Décidément, le Québec a toujours une longueur davance. En tout cas, grâce à eux, de clics en clics, j'ai totalement élargi ma vision de la mode responsable. Et je me devais de vous le faire partager.
NON, chèr(e)s compatriotes, la mode éthique ce n'est pas :
- que des ponchos seventies
Pour moi les créations éthiques sentaient l'encens et la biquette. Faux. L'Ethical Fashion Show de Berlin la semaine dernière n'avait pas grande chose à voir avec Woodstock. Haute couture, chevelures crêpées, dos nus, étoffes traditionnelles, bijoux
je suis restée gaga devant le teaser du défilé ! Juste magnifique :
jugez par vous même. Souriez, le salon a lieu à Berlin et
à Paris, en septembre 2013 !
- que des matières bio, du coton, de la laine d'Alpaga, ou du bambou...
La mode responsable minimise l'impact environnemental de la création à la réalisation, jusqu'à la fin de vie du produit. Ça on savait. Mais les créations éthiques sont aussi des créations qui sont produites dans des conditions respectueuses de l'Homme (conditions des travailleurs, contribution au développement des communautés, respect de la propriété intellectuelle...) et tendent à pérenniser les savoir-faire locaux. (
plus de détails)
- que des vêtements... c'est aussi des sous-vêtements !
La preuve. Toujours sur le site de mes amis québécois, j'ai eu le coup de coeur pour ce reportage photo, intitulé « les dessous de la mode éthique ». Une série du photographe Luc Bourgeois, nature et sans complexe ! Je vous laisse apprécier !
Vous l'aurez compris, j'adhère à 100% à l'idée... Mais bon, avant de créer mes collections éthiques, je vais déjà participer à la
vide-dressing week. Je suis déjà sur la voie !
Mademoiselle L.
Éco-participation + vide-dressing week = Yes we can !
Éco-participa
quoi ? Eco-participation ! Ça vous surprend qu'une fille qui aime la mode connaisse des mots de plus de 6 lettres ? Bonjour les clichés... L'éco-contribution appelée aussi « éco-participation », ou encore « éco-taxe » (oui, je connais aussi plein de synonymes) est un concept plus simple que ces mots pourraient le faire croire.
Cette taxe impose aux fabricants, aux importateurs et aux distributeurs de prendre en charge la gestion des déchets que produisent leurs produits. En France, depuis 2008, l'éco-participation s'applique aux emballages, aux équipements électriques et électroniques et à la filière textile. Qui dit « textile » dit bien sûr vêtements et linge de maison. Et voilà, on finit toujours par parler chiffons !
Ma curiosité légendaire m'a poussée à creuser un petit peu plus loin. Figurez-vous que tous ces petits centimes d'euros additionnés les uns aux autres, ça représente, à la louche, un budget de plusieurs dizaines de millions d'euros par an. L'organisme chargé de la collecte de l'éco-contribution pour la filière textile et d'en faire bon usage s'appelle Eco-TLC. Grâce à ces fonds, cet éco-organisme à but non-lucratif soutient les opérateurs de tri et aide les collectivités locales qui sensibilisent le grand public à la collecte sélective des textiles et des chaussures. Eco-TLC soutient également les projets de recherche et développement qui visent à améliorer la valorisation et le recyclage des textiles usagés.
Donc : les boutiques de mode contribuent déjà, via cette éco-contribution, à la seconde vie des vêtements. La
vide-dressing week est en quelque sorte la cerise sur le gâteau. Et si nous prenions le parti de participer nous aussi plus activement en faisant don des vêtements que nous ne portons plus ? Ce serait un petit pas pour les fashion victimes que nous sommes, certes, mais sans doute un grand pas pour la solidarité ! N'oubliez pas que tous les vêtements donnés dans le cadre de la
vide-dressing week seront collectés par la Croix-Rouge française. Il n'y a plus qu'à.
À vos dressings, triez, donnez !
Mademoiselle L.
Pour aller plus loin :
www.ecotlc.fr et
www.federation-habillement.fr
"Plus qu'un voyage à Madagascar, une expérience inoubliable"
Souvenez-vous : l'édition 2012 de la
vide-dressing week mettait en jeu deux voyages éco-responsables pour deux personnes à Madagascar. L'une des gagnantes, Mallory Moreau, salariée d'un magasin Kiabi, a eu la gentillesse de m'accorder une interview (faute de m'avoir laissé une petite place dans sa valise !). Retour sur son expérience "de l'intérieur" de la
vide-dressing week et sur son séjour inoubliable en terre malgache.
Mademoiselle L. : Quel est votre regard sur l'opération
vide-dressing week 2012 ?
Mallory Moreau : Positif ! Cela a permis d'animer le magasin et de sensibiliser le public à la question du recyclage des vêtements. Rares sont ceux qui sont vraiment conscients des enjeux de la seconde vie des textiles. Je pense qu'il faudra des années pour que les mentalités changent ...
Mlle L. : Concrètement, comment s'est organisée l'opération en magasin ?
M.M. : Nous avons mis de grands cartons à disposition des nos clients pour faciliter la collecte. Nous avons aussi réalisé des animations au micro pour les informer. Le voyage à gagner était un bon argument !
Mlle L. : Justement, parlons-en de ce voyage ! Racontez-nous !
M.M. : Plus qu'un voyage, ce fut une expérience inoubliable. Au-delà de l'exotisme et de la beauté de l'île (à couper le souffle !), ce voyage éco-responsable nous a fait découvrir la réalité de Madagascar. Nous avons parcouru plus de 1000 km en car et nous sommes partis à la rencontre de la population, de l'histoire, de l'économie. Mais nous avons aussi pris en pleine figure l'extrême pauvreté de l'île. Ça m'a bouleversée.
Mlle L. : Ce voyage a-t-il rendu plus concrets les enjeux de la revalorisation textile ?
M.M. : Absolument ! La visite du centre de tri du Relais de Madagascar m'a beaucoup marquée. On réalise soudain qu'il est possible d'améliorer les conditions de vie de gens moins chanceux que soi avec des dons de vêtements et beaucoup d'énergie. Après avoir vu ça, on ne peut plus jamais jeter des vêtements à la poubelle, je vous assure !
Mlle L. : Motivée pour la prochaine édition de la vide-dressing-week en 2013 ?
M.M. : Plus que jamais !
Mademoiselle L.
Soldes et capital textile : comment s'en sortir ?
En économie, le solde constitue la différence entre le crédit et le débit d'un compte. Transposé à mon armoire, en janvier, ça donne des entrées de vêtements largement supérieures aux sorties... la faute aux soldes ! C'est toujours la même chose. Je pars avec une idée précise et je reviens sans l'article mais avec plein de nouvelles pièces. Mon armoire déborde et une question se pose : comment gérer mon capital textile ? Heureusement, j'ai une astuce :
j'ai la fibre du tri.Ce module très bien fait, édité par Eco TLC explique comment opérer son tri. Simple et clair, le site précise comment démêler les textiles recyclables de ceux qui ne le sont pas et va plus loin en présentant la filière, ses acteurs et tout le processus de valorisation des textiles usagés. L'éco-organisme répertorie même les lieux d'apport où déposer ses vêtements tout au long de l'année.
Alors, gare à vous les soldes, j'arrive (et organisée cette fois : mes armoires sont prêtes) !
Mademoiselle L.
Mes voeux 2013 : dépasser 2012 !
Survivants de la fin du monde, des festivités de 2012 et de la rentrée 2013, êtes-vous prêts ? Petit coup de boost aux énergies positives entre les cartes de voeux et la galette...
En 2012, l'opération
vide-dressing week durait 1 semaine
En 2012, 455 boutiques se sont mobilisées
En 2012, 82 tonnes de vêtements ont été collectées
Mes voeux pour l'édition 2013 : faire encore mieux ! J'ose l'espérer. Mieux : je n'en doute pas. Le train est déjà en marche.
Objectif 1 > check. A la demande des commerçants, l'opération dure plus longtemps.
Objectif 2 > en cours. Boutiques, il est encore temps pour participer. Quant à vous, ami(e)s des vitrines et de la solidarité, parlez-en autour de vous.
Objectif 3 > en cours. Le gisement des textiles délaissés est encore important. On peut largement dépasser les 82 tonnes. A combien met-on la barre cette année ?
Janvier est le temps des possibles et des projections. Alors, que nous réserve la vide-dressing 2013 ? Des élans de solidarité, des avalanches de dons, de nouveaux moyens d'actions pour la Croix-Rouge Française... A vous de créer le scénario !
Mademoiselle L.
Défi perso : mobiliser la France entière > check
Boutiques de mode indépendantes, êtes-vous inscrites ?
C'est officiel, la 2e édition de la
vide-dressing week a lieu du 20 au 30 mars 2013 et les inscriptions sont lancées ! Participer à l'opération nationale de collecte de vêtements, c'est un peu comme prendre 3 bonnes résolutions en 1. Pratique, non ? Démonstration :
* Résolution 1 : je m'engage dans un projet citoyen et porteur de sens
La
vide-dressing week 2013 est au profit de la Croix-Rouge française. Les vêtements collectés trouveront un nouvel usage et donneront aux bénévoles de l'association le moyen d'agir auprès de personnes en difficulté en France.
* Résolution 2 : je renforce les liens avec mes clients et j'en rencontre de nouveaux
Les boutiques ayant participé à l'édition 2012 ne me contrediront pas : les 10 jours de l'opération sont l'occasion d'un échange privilégié avec les clients qui apportent des vêtements.
* Résolution 3 : je valorise mes salariés
La
vide-dressing week, c'est aussi l'occasion de motiver mes salariés autour d'un projet engagé. Et, cerise sur le gâteau : cette année, 8 salariés ont une chance de gagner des lots responsables et solidaires !
Pour participer, rien de plus facile : l'inscription est totalement gratuite et s'effectue en un
clic.
Ensuite, il ne vous reste plus qu'à attendre le matériel nécessaire au bon déroulement de l'opération (affiche, urne, bulletins, sacs de collecte, enveloppes retours...)
Facile, non ?
Ne tardez pas, vous avez jusqu'au 20 janvier 2013 pour vous inscrire...
Mademoiselle L.
Vide-dressing week... c'est reparti !
Et voilà, rebelote, mes armoires débordent de vêtements que je ne mets pas. J'avais pourtant lâché du lest lors de la
vide-dressing week 2012... Un sacré tri dont je me félicite encore ! Exit le pull de mes 18 ans, les jeans mal ajustés, les tops trop portés
même ma petite veste coup de coeur de l'été 2011 y était passée. Le problème ? Entre mes nouveaux achats, les cadeaux, les vêtements que j'ai du mal à céder et ceux qui ont échappé au tri de l'année dernière, la pile des pièces que je ne mets jamais s'est épaissie au fil des saisons, conduisant irrémédiablement mon armoire à sa perte... Autant dire que je vais à nouveau affoler les compteurs pour cette 2e édition de la
vide-dressing week, car des fringues à donner, j'en ai encore !
Et d'ici mars, j'ai largement le temps de m'organiser. En plus l'édition 2013 durera 10 jours, du 20 au 30 mars, englobant deux weekends complets. De quoi me laisser le temps de faire mes essayages et d'en finir avec ma nostalgie futile. Cette année, l'opération est au profit de la Croix-Rouge française et, petit plus, la collecte concerne les vêtements ET vêtements de nuit, on pourra donc déposer également ses pyj', nuisettes et robes de chambre.
Alors vous connaissez déjà vos gestes de premiers secours ? Deux actions simples : trier et donner pour sauver vos armoires, l'environnement et soutenir les personnes en difficulté. Et pas de « je garde, on ne sait jamais », on doit dépasser les 82 tonnes de textiles collectés ! On parie ?
Mademoiselle L.
Qui prend de l'avance et commence déjà son tri...